
Victoria Station. La route a été longue.
Quelle folle décision, la bonne décision ?
Arriver dans une ville, c’est comme aménager dans une nouvelle maison. Table rase. On ère d’abord, lanterne en main, en quête de repères. Un vestige à reconstruire.
La sensation que chaque pièce est vide, chaque rue vierge de tout vécu, dépourvue de toute empreinte.
Les bâtiments, les murs, jusqu’alors blancs attendent d’être tapissés d’une pléiade d’expériences.
Les meubles et luminaires s’additionnent, ornant peu à peu cette espace qui nous apparait alors plus familier. On se ballade dans cette rue un jour, trois, mille fois. Tout devient habitude. Des histoires naissent au coin d’une rue, on déplace la table du salon, des rencontres se construisent au détour d’un parc, autour d’un verre. La ville nous appartient, maintenant. On est ici chez soi.
Les mois défilent, notre aventure sonnera bientôt comme une mélancolie heureuse, nostalgique anamnèse de ces délicieux souvenirs.